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28/03/2008

George Orwell sur le langage clair

Connu pour son roman 1984, George Orwell était aussi un ardent défenseur du parler clair. Dans un essai intitulé "Politics and the english language" (1946), il déplore l'état de déliquescence de la langue, en particulier celle des politiques. Pour Orwell, il ne s'agit pas de s'apitoyer sur les évolutions du langage au nom d'un quelconque sentimentalisme, mais de faire prendre conscience qu'un langage imprécis, hermétique, trop porté sur l'abstraction et les poncifs est dangereux : il est la porte ouverte à la manipulation et ne favorise pas la réflexion. Orwell parlait de la langue anglaise. Mais sa reflexion est tout aussi pertinente en ce qui concerne la langue française et le langage marketing.

Traduction par mes soins de quelques passage significatifs (j'ai également copié quelques passages traduits par Michel Roudot):

"...Il est clair que le déclin d'une langue doit dépendre de causes politiques et économiques : il ne peut être dû à la seule mauvaise influence de tel ou tel individu. Mais un effet peut devenir une cause, qui va à son tour renforcer la cause première et en accentuer les effets ; et celà indéfiniment. Un homme qui se met à boire parce qu'il se considère comme un perdant se perdra définitivement en buvant. Il en va de même de la langue. Elle s'enlaidit et devient imprécise parce que notre pensée est confuse. Mais le laxisme en matière de langage facilite à son tour la confusion de notre pensée".

"Ce mélange de flou et d'impéritie est la caractéristique la plus marquante de la prose moderne, tout particulièrement en matière de discours politique. Aussitôt que certaines questions sont évoquées, le concrêt se dissout dans l'abstrait, et personne ne semble plus capable de s'exprimer autrement qu'en recourant à des formules éculées : la prose moderne consiste de moins en moins en des mots choisis pour leur sens, et de plus en plus en des phrases assemblées comme des éléments préfabriqués".

"L'écriture moderne dans sa pire forme ne consiste pas à sélectionner des mots pour leur signification et à employer des métaphore dans le but de faciliter la compréhension. Elle consiste en un assemblage de chaînes de mots déjà ordonnés par d'autres, rendu présentable par pure fumisterie. L'attrait de cette façon d'écrire, c'est sa facilité. Il est plus facile, et même parfois plus rapide si on en a l'habitude, de dire "à mon avis ce n'est pas une hypothèse déraisonnable que de penser que" que "je pense". Lorsque vous employez des expressions toutes faites, vous vous épargnez non seulement la recherche du mot juste, mais vous éludez également la question de la rythmique de vos phrases, puisque ces expressions sont conçues en général de façon à être plus ou moins euphoniques (...) En recourant à des métaphores, des analogies éculées et à des idiômes, vous vous épargnez bien des efforts mentaux, mais au prix d'un discours vague, aussi bien pour vos lecteurs que pour vous-même."

"Un auteur scrupuleux, pour chaque phrase qu'il écrit, se posera au moins quatre questions, à savoir : qu'est-ce-que j'essaie de dire ? Quels mots l'exprimeront ? Quelle image ou tournure le rendront plus clair ? Cette image est elle assez fraiche avoir un effet ? Et il s'en posera probablement encore deux : Pourrais-je le rendre plus concis ? Ai-je dit quoi que ce soit de laid qui soit évitable ? Mais vous n'êtes pas obligés de vous donner tout ce mal. Vous pouvez vous y soustraire simplement en ouvrant votre esprit et en laissant les expressions tout faites venir s'y entasser. Elles construiront vos phrases pour vous - penseront même pour vous, jusqu'à un certain point - et au besoin elles exécuteront le service important de masquer partiellement, même à vous-même, ce que vous voulez dire. C'est ici que le lien particulier entre la politique et la dégradation de la langue devient clair".

"De nos jours, le discours politique est en grande partie la défense de l'indéfendable. Des choses comme le maintien de l'autorité britannique en Inde, les purges russes et les déportations, le lancement des bombes atomiques sur le Japon, peuvent en effet être défendues, mais seulement par des arguments qui sont trop brutaux pour la plupart des gens et qui ne cadrent pas avec les buts déclarés des partis politiques. Le langage politique doit donc être en grande partie composé d'euphémismes, de questions réthoriques et de pur flou brumeux".

"Une masse de mots latins tombe sur les faits comme une neige molle, brouillant les contours et dissimulant tous les détails. Le grand ennemi du langage clair est l'hypocrisie. Quand il y a un écart entre les buts réels et les buts déclarés, on se tourne comme instinctivement vers des longs mots et des tournures usées, comme une seiche projetant son encre (...) Quand l'atmosphère générale est mauvaise, le langage souffre".

"Ce qui est par dessus tout nécessaire est de laisser la signification choisir le mot et pas le contraire. Dans la prose, la pire chose qu'on puisse faire avec les mots est de capituler devant eux. Quand vous pensez à un objet concret, vous pensez sans mots et ensuite, si vous voulez décrire la chose que vous avez visualisée vous faites probablement la chasse aux mots exacts qui semblent adaptés. Quand vous pensez à quelque chose d'abstrait vous êtes plus inclinés à utiliser des mots depuis le début et à moins que vous ne fassiez un effort conscient pour l'empêcher, le dialecte existant se précipitera et fera le travail pour vous, au coût de brouiller ou même de changer ce que vous vouliez dire. Il est probablement meilleur de repousser au plus tard possible l'utilisation des mots et d'éclaircir le sens autant qu'on peut par des images et des sensations. Après quoi on peut choisir - et non simplement accepter - les expressions qui couvriront le mieux la signification et finalement décider quelles impressions ses mots sont susceptibles de faire sur une autre personne. Ce dernier effort de l'esprit élague toutes les images éventées ou mélangées, toutes les expressions préfabriquées, les répétitions inutiles et d'une façon générale l'absurdité et le manque de précision."

Pour finir, George Orwell donne une série de conseil pertinents pour les rédacteurs :

  • N'utilisez jamais une métaphore, comparaison, ou autre figure de rhétorique que vous avez l'habitude de voir.
  • N'utilisez jamais un long mot quand un court convient.
  • S'il est possible de supprimer un mot, supprimez le toujours.
  • N'utilisez jamais le passif si vous pouvez utiliser l'actif.
  • N'utilisez jamais une expression étrangère, un mot scientifique, ou un mot de jargon si vous pouvez penser à un équivalent courant.
  • Violez n'importe laquelle de ces règles plutôt que de dire quoi que ce soit de franchement barbare.

Sondage : vos sources d'information SEO favorites ?

Les sites et blogs d'actualité traitant du référencement sont aujourd'hui légion et l'infobésité nous guette... Afin d'éviter de servir de caisse de résonance au bruit ambiant, j'aurais aimé savoir quelles sont les sources d'information que vous consultez régulièrement hormis ce blog. Merci donc à ceux qui accepteront de répondre à ce petit sondage :)

26/03/2008

Un billet qui aurait dû s'intituler "Solutionnez-moi ces problèmes de clôture !"

Me voila bien embêté : alors que je ruminais depuis plusieurs semaines un billet fustigeant l'emploi des termes "clôturer" et "solutionner" en lieu et place des plus orthodoxes "clore" et "résoudre", quelques recherches m'ont en fait prouvé que j'avais tort. Ou du moins que l'usage de ces termes, bien que sujet à controverse, était quand même reconnu.

"Solutionner" aurait ainsi été employé par le proto-communiste Gracchus Babeuf dès 1795. "Clôturer" aurait été employé dans le sens de "mettre fin à" un peu avant, en 1787. Décidemment, l'époque était propice à la révolutionnarisation du vocabulisme.

21/03/2008

Dis papa, et les référenceurs y vont au ciel ?

Bientôt Pâques et sa farandole de chocolats... mais Pâques, c'est avant tout la célébration de la résurrection de Jésus et de sa victoire sur la mort. Justement, que deviennent les SEO une fois passés de vie à trépas ? Tentative de réponse en images ;)

7/03/2008

L'attribut nofollow fait débat

Prévu à l'origine pour combattre le spam de commentaires, l'attribut nofollow refait à nouveau débat : dans un billet intitulé "You'd Be Wise To NoFollow This Dubious SEO Advice", Shari Thurow répond à un article de Stephan Spencer et à une tendance plus générale prônant l'utilisation de l'attribut nofollow pour contrôler la distribution du PageRank au sein d'un site.

Pour Shari Thurow, l'attribut nofollow ne saurait être un substitut à une architecture defectueuse. Une autre réflexion que fait Shari est qu'en jouant avec cet attribut, on repart dans l'éternel travers du référencement, qui est de faire les choses différement selon qu'on s'adresse aux utilisateurs ou aux moteurs de recherche. Enfin, l'attribut nofollow étant à la base conçu pour exprimer le fait que l'on n'accorde pas une confiance aveugle au lien, il est plutôt paradoxal de l'utiliser pour son propre site.

Michael Martinez y va également de son couplet anti-nofollow : utiliser cet attribut revient pour lui implicitement à demander de ne pas indexer une page, ce qui permettra éventuellement à des sites "scrapant" le site original de se positionner au passage. Selon lui, enlever du PageRank à une partie du contenu ne fait que le dévaluer. Mais surtout, le PageRank réel étant une inconnue, vouloir le "sculpter" revient à travailler à l'aveugle.

Pour ma part, je ne suis pas pour l'utilisation de cet attribut dans la majorité des cas, surtout dans le cas d'une tentative de manipulation de la popularité. D'abord, l'attribut n'a pas été créé originellement pour cet usage. Je rejoins donc Shari Turow sur le fait que dans un site, si un lien vers un contenu est pertinent pour l'utilisateur, il l'est en général pour les moteurs. Certes, certaines pages ont un interêt à priori très limité pour le référencement, comme les pages contact, mentions légales etc. Mais ces pages redistribuent le PR qu'elles recoivent, et le processus est itératif. De plus, une page web typique comporte en général quelques dizaines de liens. Ce n'est donc que quelques dixièmes de popularité qui partent vers chaque page, dixièmes qui seront redistribué en partie au reste du site. Enfin, les moteurs savent de plus en plus faire la distinction entre les contenus importants et les contenus plus génériques ou redondants, en se basant sur la structure des pages. Tous ces efforts me semblent donc bien vains.

Mais histoire d'étayer mon propos, j'ai quand même à titre expérimental doté quelques liens internes de ce blog d'attributs nofollow : il s'agit des liens vers les flux RSS, des liens vers les commentaires et des liens de pagination. Les liens des commentateurs ainsi que les liens vers les sites externes restent bien entendu en dofollow. Nous verrons bien si le trafic explose ;)

A lire également sur ce sujet, le billet d'Aurélien, qui diffère sur la question.

5/03/2008

Webrankinfo piraté

Depuis hier soir, le site Webrankinfo, une des plus grosses communautés francophone sur le référencement, affiche une page parking (copie d'écran). Il semblerait qu'Olivier Duffez se soit fait hacker son compte Gmail, ce qui aurait permis aux hackers de voler son nom de domaine. Olivier n'est pas la première personne à qui cela arrive.

Bon courage à lui, et bravo à Google de rendre même des informations éminemment personnelles "universellement accessibles"...

Edit : Olivier Duffez explique l'affaire sur son blog.

4/03/2008

Une journée dédiée au contenu web le 18 mars à Lille

Dans le cadre de leur projet de fin d'année, les étudiants du master IDEMM de Lille 3 organisent le 18 mars une journée complète consacrée aux contenus web et multimédias. Lors de cette journée, différents ateliers seront proposés, suivis d'une table ronde à 13h30 sur les enjeux et avenirs des contenus web.

Si vous êtes libre à cette date, ne manquez pas cette journée qui mine de rien réunira une belle brochette d'intervenants de qualité : Gille Klein, David Abiker, Marina Aubert, Christophe Deschamps, Muriel Vandermeulen, Joël Ronez, Jean-Marc Hardy...

Je participerai pour ma part à l'atelier "référencement et contenu éditorial" en compagnie de Damien Selosse, Willy Tenalleau, et Alix Lassaigne.

Pour s'inscrire, c'est par ici.

3/03/2008

Où placer sa marque dans la balise <title> ?

Dans sa dernière alerte, Jakob Nielsen révise ses recommandations sur l'utilisation des noms de marques dans les balises <title>. Jusque ici, les recommandations du gourou de l'utilisabilité étaient purement et simplement d'éviter de faire apparaître le nom de l'entreprise dès le début de la balise.

Désormais, Jakob Nielsen recommande de faire apparaître le nom de l'entreprise en premier seulement lorsque deux conditions sont réunies : il faut que le titre soit à la fois susceptible d'apparaître dans des pages de résultats affichant de nombreux liens de qualité médiocre, et que le nom de l'entreprise soit une marque éminemment reconnue et respectée.

Jakob Nielsen explique ce revirement par les fait que les utilisateurs des moteurs de recherche sont très fréquemment confrontés à des pages de résultats bourrés de liens qui n'ont aucun sens, ou qui affichent des intitulés "fouillis". Frustrés, ils tendent alors à cliquer sur des liens qui leur sont familiers (identifiables car affichant leur marque), même si ces liens apparaissent plus bas dans les pages de résultats.

Ces recommandations sont plutôt pertinentes, mais les critères de mise en oeuvre sont à mon avis difficilement applicables : toute page est susceptible d'apparaître dans un set de résultats médiocre, et la notoriété d'une marque est une notion assez subjective...

Pour ma part, je suis plutôt en faveur de l'insertion systématique de la marque dès le début de la balise <title> sauf dans le cas d'un intitulé de marque très long. Une marque un minimum connue, gagnera en taux de clic ce qu'elle perdra (éventuellement, car ce n'est pas sûr) en positionnement. Même si l'on n'est pas connu, je suis persuadé qu'afficher une marque renforce la crédibilité : les internautes confrontés quotidiennement au spam ont très probablement appris à reconnaître certains signes de mauvaise qualité, comme le bourrage de mots-clés dans les balises <title> et les titres trop génériques. Enfin, au niveau de la communication, ne pas afficher de marque revient implicitement à affirmer que l'on est un site interchangeable, ce qui n'est évidemment pas souhaitable, à part si l'on est un MFA.